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mardi 7 avril 2015

            Voyages

     C'est décidé , le défi pour 2015, c'est de lire mes petits écrits sans prétention; au diable la timidité; depuis le temps que je fréquent "Les mots ont la parole" , je sais que je peux compter sur votre bienveillance et cela me donne du courage .
    
     Je ne suis pas une adepte des voyages physiques; je m'explique: je n'aime pas avoir le stress de préparer des affaires pour partir, de penser toujours à ne rien oublier, je n'aime pas être déçue par la réalité du site et je n'aime pas non plus le blues du retour.
    
    Mes voyages à moi se font dans ma maison, avec des documentaires ou bien avec des livres, bien entourée de la tendresse de ma fille , de la compagnie de mes chats et de ma 'diablotine' de chienne .
    Ma place sur cette terre , c'est au Boulou et je n'aime pas m'en éloigner, c'est comme si j'avais un lien invisible comme les bras d'un amant qui me donne tout le bonheur nécessaire pour vivre (rassurez-vous, je n'ai jamais eu d'amant mais je trouve que ça sonne bien)

     Si je veux m'imprégner de l'ambiance chaude du Mexique , de ses paysages arides , je reste à côté de mes cactus et je regarde les lézards se promener sur le mur de la maison.
     Si je veux me projeter en Provence,et , avec un peu de chance rencontrer Cézanne, (lui non plus je ne l'ai jamais rencontré) , je me penche sur ma lavande pour sentir sa fragrance et admirer sa beauté.
     Quoi de mieux que mes oeillets pour voyager en terre andalouse , entrer par exemple dans la Mezquita et me perdre par un après-midi doux et plein de couleurs dans ses filigranes vieilles de 1300 ans.
     Quand je regarde l'olivier que j'ai fait planter pour la naissance de mon premier petit-fils, je me trouve au bord de la Méditerranée et là , je ne sais pas quel pays visiter tellement l'olivier est présent partout; La fierté
m'envahit et je pense que le relève est assurée .
      Avec le Bouddha que j'ai mis à côté de mon jasmin étoilé, c'est la sérénité que je trouve et je me promène dans le japon ancien .
       En plus , nous avons aussi de merveilleux levers et couchers de soleil et surtout le Canigou que je peux voir de la fenêtre de ma chambre .

        En conclusion , je suis une adepte des voyages intérieurs




mercredi 4 mars 2015

LE PRINTEMPS DES POETES     Mardi 3 mars 2015
                    
                                  Conférence sur la poésie par Madame Michèle Vert-Nibet
           
       Madame Michèle Vert-Nibet remarque d'abord que son auditoire est uniquement composé de femmes (16) et ne s'en étonne pas, persuadée que la sensibilité poétique est plus aigüe chez la femme .
      Elle insiste ensuite sur le rôle primordial de l'éveil à la sensibilité dès l'enfance. Apprenons à nos petits à voir , écouter, sentir, goûter.
       Chacun a une sensibilité différente, chacun est un récepteur différent mais chacun doit se rendre disponible pour accueillir la beauté, la poésie de ce qui l'entoure. La poésie est quelque chose de très personnel, en écrivant ce que l'on éprouve , on se met à nu , à vif , alors qu'on peut se protéger derrière un tableau ou un roman .

        Ensuite, Michèle présente son parcours poétique. D'abord, comme pour nous tous, les comptines des  récréations, puis les "récitations"que la maîtresse faisait apprendre "par coeur"et dont on se souvient parfois encore , récitations devenues poèmes dans les grandes classes avec Lamartine, Victor Hugo, Vigny et La Fontaine bien sûr ....... et tous les autres
                        "Au bord d'un clair ruisseau , buvait une colombe"
                        "Waterloo, Waterloo, morne plaine
                        "Jeanne était au pain sec......."
         C'est à 14 ans, qu'elle découvre Prévert et la poésie en vers libres .... et la collection "Poètes d'aujourd'hui" de Seghers.......plus tard "Apostrophe", Pivot et ses invités: un soir, Maurice Genevoix qui dit avoir combattu le traumatisme de la guerre grâce à ses promenades dans la campagne de sa Sologne natale. Ou Joseph Delteil:  "Détails , il n'y a que les détails, malheur au chasseur de trésor".
          Plus tard, elle découvre la poésie asiatique et les Haiküs
                                               "J'attends le nuage Pour reposer mes yeux De regarder la lune"

          Et enfin elle compose et publie ses poèmes (après bien des "essais de jeunesse"). Les autres disaient déjà ce qu'elle ressentait mais elle peut alors, elle-même, mettre en mots et en sons ce qui la fait vibrer!
La poésie vient du corps à travers tous les sens et de l'âme par la communion vécue avec une dimension supérieure, la Beauté, l'"Ouvert Universel" (François Cheng)
Christian Bobin à qui on reprochait de ne pas quitter sa ville du Creusot a répondu: "Je suis dans l'Inépuisable". Effectivement tout autour de nous peut être, à un moment ou à un autre , selon notre humeur,  sujet de poésie. Tout peut devenir poésie. Il y a bien des démarches poétiques dans la vie de tous les jours :peindre bien sûr mais aussi broder , créer un objet...... Ce sont des "vacations innocentes" qui révèlent la vibration poétique de leur auteur

          Pour finir, les échanges ont porté sur la peinture et la lecture et nous avons conclu que plus on a de connaissances, plus on a de plaisir à vivre et à découvrir encore et encore .

           Ces 2 heures ont comblé l'assemblée et je suis prête à parier qu'aujourd'hui plusieurs d'entre nous ont ressorti leurs recueils de poésie .

mardi 24 février 2015

Fable mérovingienne

Suzanne était allée à l'école de la République et c'est là qu'elle avait appris beaucoup de choses sur les rois de France.

Elle était travailleuse, ses brillants résultats le prouvaient. Au fur et à mesure de sa  scolarité, l'intérêt qu'elle portait à l'Histoire se mua en enthousiasme puis en véritable passion. Elle choisit donc naturellement son sujet d'études et embrassa avec ferveur sa période de recherche en préparation d'une thèse.

Elle choisit l'époque des Rois Fainéants. Elle avait développé depuis son plus jeune âge une véritable attirance pour ces soi-disant paresseux couronnés qui parcouraient  leurs domaines dans des chariots, allongés - imaginait-elle - sur leurs couettes rembourrées de duvet - non pas , pensait-elle par indolence mais bien pour atténuer les cahots que les ornières des chemins pré-médiévaux ne devaient pas manquer de causer .

Débutante et pleine d'ardeur, elle ambitionnait de démontrer que ces Mérovingiens loin d'être fainéants étaient en fait des précurseurs qui avaient développé l'idée de confort et de détente et,  partant, préparé les futurs Français et même l'humanité toute entière aux bienfaits de la relaxation dont on sait aujourd'hui combien elle est nécessaire à la bonne santé.

Elle axa donc ses recherches sur cette idée. Il ne lui fallut pas longtemps pour percer les secrets des Mérovingiens, puis, fidèle à son concept, elle s'employa à vérifier si  l'élevage des oies et des canards avait pris de l'ampleur dans leur territoire mais elle dut se rendre à l'évidence,  les données fiables sur les basses-cours de l'époque étaient difficiles à trouver.

Elle devisait régulièrement avec son directeur d'études, au profil aquilin et sourire fort amène ;  c’était un spécialiste de Clovis et ses travaux sur le Vase de Soissons avaient cassé bien des idées reçues .Il l'éclaira à plusieurs reprises sur les pistes à poursuivre.

Suzanne fut rapidement séduite par cet intellectuel qui partageait son ardeur pour ces époques reculées. Elle lui parla des couettes et édredons des Rois Fainéants. Il lui proposa des travaux pratiques. Ce fut satisfaisant et après plusieurs essais, ils emménagèrent ensemble dans un appartement douillet.

Las, l'idylle fut de courte durée, le séducteur révéla ses tendances gauchistes et son analyse marxiste du rôle des Maires du Palais en général et de Pépin Le Bref en particulier eut  l'heur de déplaire fortement à Suzanne qui mit sèchement fin à la liaison.

Elle changea de faculté et continua ses recherches avec une ferveur redoublée. Les Rois Fainéants la poussaient au travail.

Elle fit d'autres rencontres parmi lesquelles un spécialiste des essieux moyenâgeux dont la thèse sur l'usage du marteau à deux pointes chez les forgerons et charrons sous le règne de Charlemagne avait fait beaucoup de bruit dans le milieu des pré-médiévistes. Il la fascina quelque temps mais il était un piètre amant et l'attirance ne dura pas.

Ses recherches piétinaient, elle touchait au désespoir quand une bourse lui fut versée par un mécène russe dont le motif véritable était de la convaincre que les chariots mérovingiens, avec ou sans couette, étaient des adaptations de la Troïka russe.

Suzanne ne fut pas dupe mais elle prit l'argent car elle avait besoin de repos. Elle partit en vacances sur une plage ensoleillée.

On était hors saison, la plage était tranquille. Tous les matins, cependant, elle partageait l'étendue sablonneuse avec un assez bel athlète, blond aux yeux bleus, queue de cheval  et moustaches gauloises.

Chacun sait que l'un des apports des Mérovingiens fut de relier Les Francs aux Gallo-Romains. Cette notion ne manqua pas d'influencer notre Suzanne.

Il s'avéra que notre Adonis était gardien de musée ; de toute évidence,  il compensait la position assise qu'il occupait dans la journée par un travail assidu au gymnase.

Il surveillait la salle des Carolingiens mais il avait l'esprit ouvert et pouvait écouter Suzanne parler des Mérovingiens pendant des heures sans que son intérêt ne faiblisse surtout lorsqu’ils devisaient en plein soleil. Ce qui devait arriver arriva. Elle fut séduite, il l'épousa sur le champ - ou plutôt sur la plage -. Les voilà rentrés à Paris.

Elle visita la salle des Carolingiens, il pensait à elle en traversant celle des Mérovingiens. Le soir , pendant qu’il prenait soin de sa musculature, Suzanne préparait le repas. Quand le besoin se faisait sentir, elle lavait, faisait le ménage, s'occupait des courses, vaquait aux besoins du ménage.

Malgré les encouragements, puis les requêtes appuyées et finalement les reproches, le bel athlète ne mettait pas la main à la pâte. La spécialiste des Rois Fainéants dut se rendre à l'évidence : elle avait épousé le roi des fainéants......

                                                                  Colette Stylianou.

mardi 3 février 2015

LE GOÛT DES MOTS


  
    Quand je voulais attirer mes élèves vers les langues anciennes –ne surtout pas
dire langues mortes- je me gardais bien de leur parler conjugaison et déclinaison,
je leur parlais mythologie et vocabulaire.
Nous travaillions par exemple sur les mots « cheval », « équitation », « hippodrome »,
-avec un I et non un Y même si c’est un mot d’origine grecque – Pourquoi 3 mots aussi
différents pour un même champ lexical? …… et nous partions sur la cavalerie,
l’hippopotame, l’hippocampe, les équidés etc. Cela, je dois dire, les passionnait.
Je m’attachais aussi à 2 mots : « sympathie «  et « condoléances ». Je leur montrait
que, par leur origine ces 2 mots avaient exactement le même sens. Les préfixes con en
latin et sym en grec signifiant le partage et les verbes « doléo » en latin et « patho »en
grec signifiant « souffrir, ressentir ». Que l’on présente ses condoléances à quelqu’un
ou qu’on lui prouve sa sympathie, c’est la même chose : on partage ce qu’il ressent,
ce qu’il éprouve. Chaque mot a fait son chemin, l’un a pris une voie plus triste,
évidente avec sa terminaison en « ance » alors que le I de sympathie annonce quelque
chose de plus gai.
J’ai donc beaucoup joué avec les mots en classe de latin et grec.

Mais aujourd’hui c’est sur un autre mot que j’ai voulu me pencher, un mot qui sera
bientôt de circonstance, le mot GOURMANDISE

Sentez-vous combien ce mot évoque bien ce qu’il est ?
Prenez un bonbon, débarrassez-le de son papier, portez le à la bouche.
D’abord, vous en avez plein la bouche. Vous êtes embarrassées par ce bonbon. Votre
bouche en devient gourde, malhabile, c’est la syllabe GOUR.
Ensuite, vous mâchez lentement, ou vous sucez, le bonbon. Tout devient plus léger,
votre nez participe de cette expérience ; c’est la syllabe nasale MAN.
Vous avez bien mâché, reste en votre bouche le suc de votre bonbon,ce suc cette saveur
atteint vos papilles, se répand dans vos fosses nasales; C’est la syllabe DISE
qui glisse et envahi votre sens gustatif. 
En 3 étapes, votre bouche est passée de la lourdeur de ce cube de pâte sucrée à la
légèreté de la saveur citron ou menthe de votre bonbon.
Etre gourmand, c’est lourd, s’adonner à la gourmandise, c’est léger.
     Est-ce donc vraiment un défaut comme le prétend la sagesse populaire ?

Mais pourquoi le verbe « gourmander »? quel rapport avec la gourmandise?
Heureusement ce verbe a disparu de notre langage habituel! Nous ne gourmandons
plus personne d’être gourmand! Au contraire, nous l’apprécions d’être gourmet
(avec un T ) et non gourmé (sans t final).
Et un gourmand, ce rameau inutile, inutile un gourmand? oui, mais en horticulture
seulement! Quant au mot gourme, jetons-le immédiatement il est bien laid.

MOTS MAGIQUES



          A la question "Quel est le mot le plus évocateur pour vous? " , moi je répondrais que je n'en ai pas un de spécial mais plusieurs selon les étapes de la vie
           Mon premier est SUPERCALIFRAGILISTICO extrait du film de Mary Poppins que j'ai vu vers l'âge de 10 ans ; je trouvais ce mot marrant et à l'école, on faisait le concours de le dire plusieurs fois sans se tromper .
          A 18 ans , je n'avais pas encore de copain mais le mot le plus doux était BEBE; j'achetais des revues spécialisées pour être prête au moment tant désiré ; Au grand désespoir de ma mère, je disais qui si à 30 ans , je n'avais pas de fiancé, je ferais un bébé toute seule .
          Evidemment , par la suite , le mot est devenu AMOUR et je pense que c'était le moteur de la plupart des filles de ma génération; Je suis tentée de dire que maintenant , il y a d'autres points de mire qui entrent en compte .
          Cette année , c'était MAMIE D'AMOR . Tiens , quelle coïncidence ...... mes petits-enfants ont mamie Annick et ils m'ont décerné le plus joli titre du monde :mamie d'amour , ça se passe de tout commentaire.
           A partir d'aujourd'hui, 2 décembre, et sans renier le mot précédent , j'ajoute à ma liste le mot AMITIE, sentiment que je cherche à votre contact et que je vous donne à mon tour .

lundi 24 novembre 2014

Bonsoir

Nous avons été ravies d'écouter Monsieur Perez commenter Apollinaire mais maintenant , c'est à nous de travailler !!
A vos stylo et papier pour mardi 2 décembre !!
Nous nous proposons un exercice de vocabulaire autour d'un mot  (ou plusieurs)
Nous choisissons un mot ,quel qu'il soit , barbare ou habituel ; nous lui donnons un sens , réel ou imaginé ; nous lui inventons une histoire , une origine , une famille ;
Nous créons un texte autour de ce mot
Bref , nous nous amusons avec ce mot
Voila le but de cette première rencontre entre nous

            A bientôt            Françoise
 

samedi 15 novembre 2014

Le conférencier par Amédine

Dans le cadre de notre groupe d'écriture « Les mots ont la parole », en ce mardi 4 novembre, Monsieur Perez est venu nous parler d’ Apollinaire et plus précisément de son poème :
«  Nuit Rhénane ».
Monsieur Pérez n'est pas pour nous un inconnu. Il y a 8 mois jour pour jour, il était venu nous présenter les « Voyelles » de Rimbaud et leur auteur en une prestation brillante et originale.
Notre groupe s'était singulièrement étoffé en doublant son nombre de participants;




La qualité de sa présentation nous fit accepter de le recevoir une seconde fois, pour notre séance de rentrée. Beaucoup de personnes furent absentes ce jour là, dommage. Mais qui est Monsieur Pérez?
Il se plait à se qualifier d' « enfant du peuple » qui a intégré la défunte et brillante « Ecole Normale d' Instituteurs », institution malheureusement disparue.
Etudes à Toulouse, puis à Paris où il intègre l' Ecole Normale Supérieure ;
ses études l'amènent à la licence de Lettres Modernes puis au CAPES dont il sortira 2nd au niveau national, en 1961.
Il enseigne en collège et lycée en région parisienne.
Cependant son goût pour le théâtre le pousse à l'écriture et il est joué à la radio Participe au Festival d' Enghien, où il est primé, au Festival du Marais et rencontre Jean Anouilh.
Passionné par son métier, il poursuit sa carrière et passe simultanément un concours patronné par France Culture et l'Académie Française à Rome, à la Villa Médicis.
Il obtient le premier prix. Une expérience « véritable
         Photo Annie Villegas                                  enchantement » souligne t'il avec modestie.
Aujourd'hui, retraité érudit, passionné, conteur passionnant, il nous ouvre les portes de sa culture;



« Nuit Rhénane » d' Apollinaire en fait partie.








Il nous conte avec aisance l'homme Apollinaire, le soldat Apollinaire blessé au crâne en 1916; homme étonnant, Polonais, combattant auprès des français avant même sa naturalisation, dont la mort est une ironie : à 2 jours de l'Armistice, il est emporté par la grippe espagnole .
« Nuit Rhénane », écrit à 20 ans, est présenté dans son ensemble comme une oeuvre de liberté: pas de ponctuation, pas de respect des rimes, invention de mots, invention dans la composition .
Ensuite, un à un, les 13 vers sont analysés devant un public très attentif et captivé.



Après cette intervention, il nous invite à nous pencher sur un curieux texte dont la place des mots
évoque le dessin de l'objet : la montre et la cravate, accessoires dont il s'est lui même paré pour apporter une petite touche originale et fantaisiste;





La montre est un véritable voyage dans le temps avec des symboles, des images, un véritable code dont il démonte tous les rouages pour faire fonctionner notre compréhension;
Un moment savoureux....